une inspectrice sociale lisant un dossier sur un chantier

Lutter contre la fraude sociale

Contrôle pour plus d’égalité sociale

Si nous voulons préserver notre système de sécurité sociale, nous devons pouvoir garantir que chaque bénéficiaire reçoit exactement ce à quoi il a droit, ni plus ni moins, et que les employeurs qui respectent les règles ne soient pas lésés par la concurrence déloyale de ceux qui ne le font pas.   

À cet effet, le contrôle est un processus nécessaire qui se déroule en plusieurs étapes. Les contrôles commencent dès l’introduction de la demande auprès de l’ONEM et se poursuivent également lorsque l’organisme de paiement verse une allocation chômage au bénéficiaire. Par conséquent, l’exactitude des éléments indiqués par le demandeur d’allocations est minutieusement contrôlée. En outre, d’autres contrôles sont continuellement effectués afin de s’assurer que la législation appliquée par l’ONEM est bien respectée. 

Ces contrôles plus spécifiques sont menés par les collaborateurs du Service central de contrôle, qui travaillent à l’administration centrale de l’ONEM, par les 209 inspecteurs sociaux, ainsi que les collaborateurs administratifs du service Contrôle, répartis dans les différents bureaux. Leur mission est de prévenir et de détecter les irrégularités, ainsi que de lutter contre les éventuelles fraudes. 

Il est également important que le contrôle n’ait pas toujours un but répressif. Il importe surtout que chaque assuré social se voie octroyer le droit qui lui revient. En d’autres termes, un contrôle n’aboutit pas toujours à une restriction du droit mais, dans certaines situations, un contrôle du dossier permet aussi de verser ultérieurement un complément à un chômeur, par exemple, après que ce dernier ait déjà perçu un paiement, et ce afin qu’il perçoive finalement le montant exact.  


Des contrôles de A à Z 

Aujourd’hui, une grande partie des contrôles sont réalisés « à distance » en croisant des banques de données. Les données présentes dans les dossiers gérés par l’ONEM sont, dans le respect du Règlement général sur la protection des données (RGPD), croisées avec les banques de données d’autres institutions belges et internationales, ce qui nous permet de détecter des indices de fraude aux allocations. À côté de ces contrôles réalisés « a posteriori », après paiement, nous faisons aussi beaucoup de contrôles « a priori » dans le but de détecter les anomalies le plus tôt possible et d’éviter ainsi des rectifications coûteuses en temps et en argent.  


Sur le terrain 

Grâce à la vérification des déclarations, au datamatching et au croisement des données, les inspecteurs sociaux peuvent cibler beaucoup plus précisément leurs enquêtes sur le terrain. Celles-ci sont encore parfois nécessaires. Vérifier une situation familiale déclarée, contrôler la véracité d’une dénonciation, lutter contre le travail au noir… Les enquêtes de nos inspecteurs sociaux sont multiples et variées.

Chômage temporaire

En raison, notamment, de facteurs économiques, d’événements météorologiques extrêmes et de la crise énergétique, de nombreuses entreprises ont eu recours au système de chômage temporaire au cours des dernières années. Il est dès lors normal que l’ONEM ait investi dans le contrôle d’éventuels recours abusifs au système, et ce surtout pour garantir l’octroi d’allocations de chômage temporaire aux travailleurs qui y ont droit.

Enquêtes auprès des employeurs7.380 
Employeurs en infraction2.210 
Enquêtes auprès des travailleurs 11.081 
Travailleurs en infraction3.544

Domicile et résidence en Belgique 

Le montant des allocations de chômage dépend en partie de la situation familiale. Ainsi, l’ONEM continue aussi de lutter contre la fraude domiciliaire, et ce en collaboration avec les organismes de paiement. L’ONEM effectue des contrôles de la résidence effective et de la situation familiale des chômeurs. 

Enquêtes relatives à la situation familiale21.266
Infractions constatées6.026
Montant total à récupérer21.772.751,60 €
Visites à domicile690

Travail au noir

Le contrat d’administration entre l’État belge et l’ONEM et le plan d’action de lutte contre la fraude sociale mettent tous les deux l’accent sur le caractère prioritaire de la lutte contre le travail au noir. 

Enquêtes spontanées travail au noir et travail frauduleux2.531
Enquêtes ciblées sur la situation de travail7.491
Enquêtes coordonnées à grande échelle résultant d’actions de contrôle 17.264
Employeurs contrôlés8.989
Employeurs en infraction(s)3.344
Travailleurs contrôlés17.984
Travailleurs en infraction(s)2.279

Cumuls

Comme déjà mentionné ci-dessus, le datamatching permet de détecter des indices de cumul d’allocations de chômage avec des revenus provenant d’une activité salariée ou indépendante, ou avec des allocations de maladie ou une pension. Ces « matchs » ou correspondances sont rassemblés sur des listings et transmis aux bureaux du chômage. Si le cumul concerne un montant élevé ou une longue période, le dossier est transmis à un inspecteur social. Il en va de même s’il est question d’intention frauduleuse. 

Cumul salarié 7.864Infractions salarié 1.788
Cumul indépendant6.433Infractions indépendant3.323
Cumul maladie7.133Infractions maladie1.914
Cumul pension743Infractions pension130
Total22.173Total7.155

Collaboration

Des années d’expérience ont montré que la fraude ne peut être combattue efficacement que si les différents services travaillent ensemble. Les services de contrôle de l’ONEM collaborent souvent avec d’autres services d’inspection, avec les services de police et de sécurité, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, ainsi qu’avec les instances judiciaires.

Au cours de ces dernières années, l’ONEM a accordé davantage d’attention à la coopération internationale et un pas a été fait en direction du datamatching transfrontalier. Dans ce cadre, des accords de coopération sont conclus avec les pays voisins dans le but de vérifier, par le biais d’un échange de données électroniques, si un chômeur en Belgique a perçu des revenus issus du travail ou du chômage dans un pays voisin pour la même période.